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Vous qui avez lus les intentions (si non allez vite lire l'article précédent
), vous savez
pourquoi nous avons choisi de mettre des portes dans notre installation.
Voici les versions virtuelles proposées lors de la constitution du dossier artistique:
celle-ci sera simplement posée vers un angle de la galerie
celle-là sera supendue de façon à être vue des 2 côtés: recto et verso.
Peut-être franchissons-nous ici les portes de l'imaginaire ?
le module "femmes au placard" est déjà finalisé et a été exposé une fois dans une exposition collective.
il s'agit d'un tirage directement sur bois.
accroché à la poignée de la porte il y avait ce texte : (un clic pour lire)
Côté sœurs
Il s’agit d’une proposition d’installation : montages photographiques, vidéo … mettant en scène le CORPS NU de deux sœurs, tour à tour modèles et photographes.
Il s’agit d’une réflexion amusée ou sérieuse sur leur sororité, sur son évolution aux abords d’une maturité qui les fait se pencher sur les étapes de leur vie, et qui s’exprime aujourd’hui dans la complicité d’une démarche artistique commune.
Qu’ont-elles donc à dire, les « sœurs », sur ce qui les fait plus proches qu’étrangères, plus filles que femmes ou mères, plus complices que rivales ?
Qu’ont-elles à dire de ce long voyage qu’elles font si près l’une de l’autre entre naissance et mort, de ce plaisir rafraichissant de jouer avec des règles bien à elles, de ce rapport à l’enfance qui ne les infantilise pas, d’un âge qui en modifiant les corps leur rend la liberté de ne pas chercher à séduire, de cette sororité donnée et tricotée jour après jour ?
Montrer la « matière » du lien qui nous relie ne nous laissait d’autre choix photographique que la nudité qui boute hors champ tous les marqueurs sociaux. La nudité seule peut donner à « entre-voir ». Pas d’angélisme dans cette démarche ni d’exhibitionnisme : être sœurs, c’est vivre face à un miroir qui renvoie l’image de deux visages, c’est aussi rapprocher à petits points de brodeuse, (héritage de nos grands-mères ?) les bords de cette plaie qu’Abel et Caïn n’ont pas su recoudre.
Le corps dépourvu des artifices vestimentaires est libre dans ses mouvements. Cette liberté lors des prises de vue offre au regard des corps à l’érotisme si naturel qu’il en devient presque absent, le sexe s’il est entrevu reste pudique, les disgrâces du corps sont visibles sans être exhibées.
Vieillir est difficile, raison de plus pour en rire entre sœurs qui n’ont rien à se cacher, et retrouver une relation à un corps qui comme dans l’enfance ne cherche pas à paraître et se contente d’être.
Les prises de vues :
A l’occasion de ce travail notre sororité s’est exprimée sans idées préconçues, sans peur de jouer avec tous les symboles, en osant jusqu’au ridicule, dans un désir de laisser toutes les portes de l’imaginaire ouvertes.
Des objets tirés des tiroirs de nos grands parents et qui nous ramènent à notre enfance africaine, une barre fixe où se suspendre, des bancs d’où sauter et chuter, des étagères où se glisser… voilà quelques appuis originels de nos mises en scène.
Utilisant le retardateur quand nous voulons être toutes deux sur l’image, agissant de nuit pour les prises de vues à l’extérieur (discrétion oblige !), ou utilisant une chambre de la maison d’enfance, c’est l’improvisation et l’humour qui dirigent nos séances de prises de vues, (aucune idée aussi folle soit-elle n’est écartée à priori).
Les montages photographiques :
Le montage sur Photoshop nous permet dans un deuxième temps d’affiner l’exploration de pistes qui se dégagent alors presque d’elles-mêmes. Pistes qui se mêlent, s’écartent, s’entrecroisent :
- celles du lien à l’enfance, à son énergie et à sa poésie.
- celles du lien à la nature perçue comme un monde enchanté où les fées existent, où les pipistrelles peuvent être des princesses, où l’on peut rebondir dans des cascades, franchir des éclairs lumineux, enjamber des hirondelles joueuses..
- celles de la sororité, cette histoire de rivalité-complicité, de séparations et de retrouvailles, de veille mutuelle discrète et sûre.
Les « portes de l’imaginaire » évoquées plus haut, nous les franchissons dans certains de nos montages. Egalement présentes dans l’installation (porte-cadre ou porte-suspension), elles représentent la possibilité d’entrer ou de sortir, elles deviennent alors la métaphore de la nudité comme seule « porte » permettant de voir lisiblement ce que les sœurs montrent de leur relation.
La vidéo :
Assises côte à côte sur deux chaises, les sœurs sont filmées de face en plan fixe. L’une des sœurs, vêtue d’un pull-over, emplit des grilles de mots-croisés. L’autre, nue, s’empare d’un fil du pull et commence à se tricoter une écharpe…
L’éclectisme apparent de ces propositions compose un univers qui a la cohérence chaotique de la vie. Ces autoportraits où les deux sœurs se regardent et se montrent avec dérision et humour, nous les revendiquons comme d’authentiques fenêtres sur notre vérité intime. Les objets utilisés, les artifices de montages et d’incrustations, révèlent un imaginaire commun né de l’enfance, nourri dans un rapport constant avec la nature, enrichi de nos différences et de notre complicité de sœurs.
Cette maison est assez unique. Elle est à cheval sur la fontière franco-suisse et a
une entrée en France et une entrée en Suisse. Un long corridor relie les deux portes.
Pendant la 2ème guerre mondiale, des juifs ont pû être sauvés en empruntant ce corridor,
au péril de la vie de celle qui les faisait passer et a été déportée.
en France en Suisse
cliquez pour lire le texte.
La frontière routière actuelle est toute proche, elle est fréquentée par les milliers de
frontaliers qui la traversent dans les deux sens tous les jours. Des trafiquants de tous
ordres transportent leur "matériel" : argent liquide, drogues, prostituées, clandestins...
C'est un des principaux passages entre la France et la Suisse, entre Annemasse et Genève.
Pour ma part, je vais être pendant quelque temps moins présente sur mon blog,
et chez vous également.
Portez vous bien et à bientôt.
Cette maison a une histoire que je vais vous raconter plus tard.
Aujourd'hui je laisse planer le mystère, et courrir votre imagination...

Là je travaille !...
... à la conception d'une affiche pour notre future exposition "côté sœur".
Cette photo n'est pas un montage (j'ai juste noirci le contour), et je vous en dirais plus sur
cette future expo un autre jour.
D'ailleurs je solliciterais vos critiques et remarques car le "chantier" commence pour nous
et tous les avis nous intéressent.
Bon WE et à la semaine prochaine.
Vous savez..celle que je n'ouvre jamais et qui abrite la famille d'araignées qui m'avaient tissé un œil ?
Et bien elle me fait toujours des petits jeux de lumières cette fenêtre. Et n'en déplaise à Gérard
,
je publie une nouvelle série.
Répétition d'un même toujours différent: un pas de côté et un autre micro-univers s'offre au regard.
Ces petits "pas de côté" font partie de mon mode de vie, je suis plus "micro-cosmos" que "national géographie".
parution programmée car blog en sommeil jusqu'à mardi, ou mercredi ...
Route 6 : un travail
de montages photographiques à propos de la N6
Champs Mêlés : photos d'ouvrier(e)s et d'enfants prises au Bénin
lors du tournage du documentaire du même nom.
Un calendrier pour rire : un anti calendrier des rugbymen.
Narcisse : photos prises pendant le tournage de la vidéo-danse
Narcisse.
Coté-soeurs : une installation photos vidéos
les photos mises en ligne sur ce blog
m'appartiennent.
Leur reproduction est interdite
Nikon D70
objectif 18 - 70 mm
Nikon D200
objectif 70 - 300 mm
objectif 35 mm
ordinateur I Mac G5
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